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Christianisme et Judaïsme, frères ennemis

Colin Schmutz
La Nation n° 2293 28 novembre 2025

Lorsqu’on sort un livre traitant de l’antisémitisme, on peut presque toujours compter sur l’écho de l’actualité. Frères ennemis, le dernier-né des Cahiers de la Renaissance vaudoise1, n’est pourtant pas une réaction à chaud ni un pavé supplémentaire jeté dans la mare médiatique, destiné à éclabousser les uns et satisfaire les autres. L’ouvrage est l’aboutissement de plusieurs années de lectures et de réflexions menées par Olivier Delacrétaz sur un problème qui fascine, tant par sa persistance que par sa pluralité. Mais persistance ne signifie pas permanence et l’auteur ne cède jamais à la tentation de voir une fatalité là où il y a obstination. Comme les virus, l’antisémitisme doit muter pour se maintenir et se renforcer. Prenant racine dans un contexte chrétien, il revêtit ensuite de nouvelles couches, comme pour mieux s’adapter au climat de chaque époque. Ce sont ces strates religieuses, économiques, politiques, raciales, cumulées depuis le XIe siècle jusqu’à nos jours qui sont analysées dans une perspective résolument chrétienne.

Frères ennemis s’interroge plus spécifiquement sur les relations entre juifs et chrétiens et met en lumière cette étrange dialectique qui, à travers l’histoire, les fait osciller entre la plus grande proximité et le plus extrême éloignement. L’auteur constate l’échec de toutes les tentatives anciennes et modernes pour régler la «question juive» ou pour convertir le peuple d’Israël. Entre les persécutions d’antan et le reniement doctrinal auxquels certains chrétiens croient devoir céder aujourd’hui, Olivier Delacrétaz propose une troisième voie toute paulinienne. Mieux que personne, l’apôtre savait que l’on pouvait aimer ses «parents selon la chair» sans devoir pour autant marchander avec l’esprit. Dans cette perspective, le christianisme reste l’accomplissement du judaïsme et non pas une voie parallèle, mais la conversion est alors motivée par le désir de la Vérité plutôt que par le dégoût de sa propre condition.

Relativement court (79 pages) et facile à lire, l’ouvrage est disponible dès maintenant. Vous pouvez commander le vôtre sur les-cahiers.ch ou à l’aide du bulletin de commande joint à cette Nation.

Notes:

1      Olivier Delacrétaz, Frères ennemis, CRV n° 162, Lausanne, 2025.

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