Concours d’armée 25, le citoyen-soldat au centre de la capacité de défense
La première édition du concours d’armée s’est déroulée du 20 au 23 novembre 2025 dans le Chablais et sur la place de tir du Petit Hongrin. Placé sous la conduite de la Division territoriale 1, le concours a offert un cadre de compétition mêlant technique, tactique, endurance physique et résilience mentale aux trois cent vingt militaires participants répartis en huitante patrouilles et provenant de toutes les grandes unités d’armée.
La réintroduction d’un concours d’armée répond à un besoin: renforcer la préparation opérationnelle des combattants dans un contexte où les exigences physiques, psychologiques techniques et tactiques qui leur sont imposées ne cessent de croître. En effet, les retours d’expérience de la guerre en Ukraine montrent que, quelles que soient les technologies mises en œuvre au combat, malgré les drones ou le recours à l’intelligence artificielle, le fantassin reste le facteur décisif du succès.
En rendant le champ de bataille plus transparent, le drone et l’IA démultiplient les effets que les formations au sol peuvent produire, au-delà de ce qui était possible auparavant. Loin d’alléger leur travail, l’augmentation des capteurs, des effecteurs et de leur portée, l’inflation des données à traiter et la létalité du champ de bataille accroissent considérablement la charge mentale des soldats et des chefs. Contrairement à la charge physique, elle ne peut que difficilement être compensée par la technologie.
De plus, l’ubiquité des drones tend à réduire la taille des formations de combat et à les disperser. Elles doivent désormais vivre et combattre d’une manière bien plus autonome qu’auparavant afin de limiter des déplacements, notamment logistiques, qui les rendent particulièrement vulnérables. L’isolement s’ajoute à la charge mentale et rend l’action du chef essentielle, comme garant de la cohésion du groupe.
Les savoir-faire et les technologies que les soldats doivent maîtriser sont donc toujours plus nombreux sans pour autant se substituer à leurs compétences de base. Le concours d’armée a justement pour objectif de valoriser non seulement les compétences individuelles telles que le tir, l’orientation, l’aide à soi-même et au camarade ou la maîtrise des moyens d’observation, mais aussi de tester les aptitudes collectives comme la cohésion et la polyvalence tactique et de renforcer les compétences de commandement des chefs face à la fatigue, aux conditions climatiques et à la créativité de l’adversaire.
L’édition 2025 s’est déroulée en trois phases. La première consistait en une journée de remise à niveau de l’instruction de base des participants. La seconde, une instruction axée sur l’engagement, proposait aux patrouilles une liste de postes à choix: franchissement de plans d’eau et d’obstacles, maîtrise des différentes armes de corps de l’armée, orientation en terrain difficile et exercices d’endurance leur permettant de renforcer leur confiance dans leurs savoir-faire techniques. Enfin, la troisième phase, consacrée à une mission tactique et précédée d’une infiltration à pied, constituait le cœur du concours. Durant près de vingt heures, dans des conditions hivernales rigoureuses, les patrouilles ont mené des missions de reconnaissance, des raids et des embuscades, avec à la clef un classement en fonction des résultats sur les différents postes.
L’état de préparation de l’armée et sa capacité dissuasive ne se mesurent pas qu’à l’aune de programmes d’armement ou de pour-cent de PIB. La guerre en Ukraine a démontré l’importance de renforcer l’instruction de base et les forces morales de la troupe, la confiance des soldats dans leurs savoir-faire fondamentaux et les compétences des chefs. En complément aux grands exercices en formation en Suisse et à l’étranger, le Concours d’armée contribue donc de manière concrète au renforcement de la capacité de défense.
Au sommaire de cette même édition de La Nation:
- Avant que l’enfant paraisse – Editorial, Félicien Monnier
- Dépeuplement? – Jean-François Cavin
- Vallotton pour toujours – Olivier Delacrétaz
- Chœurs a cappella de Frank Martin – Frédéric Monnier
- Un accord de complaisance – Cédric Cossy
- L’électricité libéralisée en France – Benjamin Ansermet
- Faut-il encourager le mécénat? – Antoine Rochat
- Il faut sauver le climat de l’Øresund – Le Coin du Ronchon
