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Chœurs a cappella de Frank Martin

Frédéric Monnier
La Nation n° 2295 26 décembre 2025

A côté de ses grandes fresques chorales avec ou sans orchestre (Messe à double chœur, Le Vin Herbé, In Terra Pax, Golgotha, Requiem, etc.), le compositeur genevois Frank Martin, on le sait peu voire pas du tout, a abondamment pratiqué une forme musicale de plus petite dimension: le chœur a cappella, et ceci tout au long de sa carrière, de 1912 à 1961.

Lors de l’année commémorative des cinquante ans de la mort du compositeur en 2024, les Editions musicales Henry Labatiaz à Saint-Maurice ont fort opportunément édité un recueil comportant une quarantaine de ces pièces, pour une bonne partie inédites.

Elles sont écrites pour chœur mixte et chœur d’hommes ou de femmes, sur des textes d’auteurs aussi divers que Ramuz, Ronsard ou Paul-Jean Toulet, mais on y trouve aussi des arrangements et harmonisations de chansons populaires françaises et même allemandes.

Créés pour enrichir le répertoire a cappella des sociétés chorales d’amateurs de Suisse (Martin fut membre, et même président en 1944, de l’Association des musiciens suisses), ces chœurs sont évidemment d’une facture musicale plus simple (si l’on excepte les Cinq Chants d’Ariel, mais qui ne font pas partie de cette anthologie) que les œuvres citées plus haut. Les mélomanes familiers du style, si reconnaissable après quelques mesures, de Martin auront parfois de la peine à l’y retrouver, même si on y décèle ici ou là sa patte dans quelques tournures et surprises harmoniques.

Dans la foulée de la publication de ce recueil, une bonne moitié de ces œuvres a été enregistrée sur un disque, également lors de cette année commémorative de 2024, par la Zürcher Sing-Akademie sous la direction de son chef principal Florian Helgath1. L’interprétation en est excellente sur tous les plans: justesse, équilibre des voix, nuances, et on soulignera la qualité de la prononciation du français, les ensembles non francophones achoppant souvent sur cette difficulté. Cette dernière remarque atténue un peu notre déception qu’on n’ait pas engagé un chœur de Suisse romande (et nous en avons de bons!) pour enregistrer ce répertoire, ce d’autant plus que la maison productrice de ce disque (Claves) a son siège à Prilly.

Une excellente idée a été d’adjoindre à ce programme quelques œuvres de compositeurs de la même époque qui ont enrichi de belle manière le répertoire choral de Suisse romande et qui sont représentés chacun par un chœur: Heinrich Sutermeister, Bernard Reichel, Rafaele d’Alessandro, Roger Vuataz, André-François Marescotti, Jean Binet, Henri Gagnebin, Carlo Hemmerling, et même une compositrice en la personne de la Genevoise Fernande Peyrot.

Un enregistrement à recommander chaudement à tout mélomane amateur d’art choral; puisse-t-il aussi inciter les chefs de chœur de Suisse romande à inscrire quelques-unes de ces pièces au répertoire de leurs chorales: de belles satisfactions musicales les attendent.

Notes:

1   Chœurs a cappella, Frank Martin et ses contemporains; Zürcher Sing-Akademie, dir. Florian Helgath; Claves Records.

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