La dictature de l'«intérêt national»?
Feuilletant un journal oublié, je lis que le Conseil fédéral envisage de déclarer «d’intérêt national» de grands projets de densification immobilière, ce qui les mettrait à l’abri de tout recours.
C’est tellement «hénaurme» que je n’hésite pas: poisson d’avril! Et je vérifie la date du quotidien: 25 avril… Ce ne serait donc pas une farce?
Il est vrai que les procédures traînent. Cependant, la solution n’est pas de forcer le passage au mépris des droits légitimes, mais d’accélérer la démarche et d’éviter les abus. Il y a plusieurs années, un important projet immobilier était en butte à un recours sans aucun rapport avec la construction. L’avocat consulté par le propriétaire confirmait que ce recours n’avait pas de sens et serait rejeté; mais il faudrait attendre un ou deux ans pour avoir le verdict. Le maître de l’ouvrage a préféré verser plusieurs dizaines de milliers de francs au maître chanteur. Est-ce cela, la justice?
Les choses ne semblent pas avoir beaucoup évolué. Or une bonne justice est certes sûre, mais rapide. Ce n’est pas inconciliable si l’on veut bien fixer et tenir des délais (voir les suggestions de M. Klunge dans le dernier numéro), limiter les expertises à ce qui est vraiment nécessaire (le sens commun suffit souvent), brusquer peut-être un peu la basoche, voire sanctionner fermement les recours manifestement abusifs. A défaut, les méthodes autocratiques s’imposeront.
Au sommaire de cette même édition de La Nation:
- La présidence du Conseil d'Etat – Editorial, Félicien Monnier
- Méritocratie et démocratie – Benjamin Ansermet
- Edmond Gilliard, ou l'exigence qui ne cède pas – Yannick Escher
- Au château de Gracq – Lars Klawonn
- Réformite aiguë – Olivier Delacrétaz
- Etatisation de la société: la progression continue – Jean-Hugues Busslinger
- Tourments d'un agnostique – Jacques Perrin
- La contestation a toujours un moteur – Le Coin du Ronchon
