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Händel à Payerne

Benoît Zimmermann
La Nation n° 2308 26 juin 2026

Si l’on peut se réjouir des récentes créations en lien avec l’histoire du Pays de Vaud dans le domaine du théâtre musical – nous pensons au beau Davel de Christian Favre à l’Opéra de Lausanne ou à Charles, l’opéra de Jimena Marazzi qui voyage cet été entre Grandson et Villars-les-Moines – il faut constater qu’il est plus rare qu’une ville vaudoise mette en lumière son passé en puisant au grand répertoire de l’opéra. C’est ce qui s’est produit à Payerne en 2024: l’Opéra de l’Impératrice a mis en scène au pied de l’Abbatiale Lotario de George Frideric Händel représentant la rencontre d’Adélaïde de Bourgogne, fille de la reine Berthe, reine d’Italie et l’une des principales bienfaitrices du prieuré broyard au Xe siècle, avec le roi Othon de Germanie: ni plus ni moins que le couple fondateur du Saint Empire romain germanique.

En 2026, c’est le mariage de la génération suivante qui est porté à la scène en suivant la partition d’Ottone du même Händel. On pourrait se croire dans la saison 2 d’une série à la mode: autour de la metteuse en scène Constance Larrieu et du maestro al cembalo combier Lionel Desmeules, déjà aux commandes en 2024, on retrouve le même ensemble baroque et deux solistes qui incarnaient les mêmes protagonistes il y a deux ans. Le reste de la distribution est nouvelle. En trois actes, jeux de pouvoirs, élans du cœur et identités secrètes se mêlent et se démêlent pour qu’Othon II puisse dignement accueillir sa promise, la princesse byzantine Théophano, et sceller ainsi une paix féconde entre Orient et Occident. Dans l’œuvre de Händel, l’écriture d’Ottone est pourtant antérieure à celle de Lotario. En deux ans, le public payernois a donc le privilège inédit de suivre l’intrigue dans sa chronologie.

Les Archives cantonales conservent de la chancellerie d’Othon II deux actes en faveur du monastère de Payerne, à compter parmi les plus anciens originaux attestant des possessions du prieuré. Cela valait bien un opéra. À voir du 10 au 18 juillet dans le préau de l’ancien cloître de l’Abbatiale.

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